13 novembre, 2010

First no letters from Hogwarts, now this?

Si l'on prend en considération la théorie des climats de Montesquieu, on pourrait avancer l'idée que le flegme Anglais n'est que le pur produit du mauvais temps constant. Trop habitués aux rafales de vent et à la pluie chronique quoiqu'intermittente, les anglais se seraient acclimatés aux ronchonnements intérieurs  au lieu de montrer leur mécontentement dans la rue. Il faut ajouter aussi qu'on ne parle pas ouvertement de politique entre amis, et que la pudeur est de mise. Les manifestations sont donc contre-nature pour les britons. 
Seulement voilà, mercredi il faisait beau en Angleterre! Alors les étudiants,  professeurs et maîtres de conférence ont décidé d'agir et c'est à Londres que se sont rassemblés 52000 étudiants venus de toute l'île. La cause de cette fureur est simple: 
-un sentiment de trahison - en effet une grand majorité d'étudiants a voté pour Nick Clegg, supposé tempérer les mesures prises par les conservateurs.
-L'augmentation des frais d'inscriptions
-une définition discutable de l'éducation : "Higher education matters because it drives innovation and economic transformation. Higher education helps to produce economic growth, which in turn contributes to national prosperity." Selon ce rapport, l'université n'est pas considérée comme le coeur de l'éducation mais plutôt comme une simple machine à produire des employés aux salaires élevés et in fine renforcer la prospérité économique du pays.
Bien sûr il y a eu des débordements, quelques casseurs ont pris d'assaut Millbanks qui avait fait office de siège pour le parti conservateur lors de la campagne électoral, et seule une petite lignée de policiers était présente pour faire face à 200 étudiants enragés. (Serait-ce le manque d'expérience en matière de manifestation qui explique cette quasi-absence du corps policier?). Y a-t-il dans l'historique des manifestations, une seule qui se serait déroulée sans débordement? Il me semble que l'essentiel à retenir ne réside pas dans les affrontements police vs casseurs, ni dans ce qu'une minorité a pu faire, une fois Millbanks assiégée, mais bien dans le message véhiculé par cette légion d'étudiants réunis pour défendre leur foi en un système éducatif à la portée de tout un chacun. Le NUS estime que cette démonstration serait la plus importante de toute une génération.
John Harris, journaliste pour le Guardian conclut que: "What happened on Wednesday afternoon was not some meaningless rent-a-mob flare-up, nor an easily-ignored howl of indignation from some of society's more privileged citizens. It was an early sign of people growing anxious and restless, and what a government pledged to such drastic plans should increasingly expect."

To be continued...

2 commentaires:

  1. Coucou,

    je crois que les problèmes relatifs à l'éducation universitaires dépassent malheureusement les frontières britanniques , je viens de lire un article sur les inrocks rapido qui donne un peu le La de la situation actuelle, http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/54494/date/2010-11-13/article/aux-etats-unis-le-cancer-neoliberal-sattaque-a-lenseignement/
    et quelques mois plus tôt le courrier intérnational avait sorti un gros dossier sur l'évolution des Universités dans le monde, qui se mettent à courir après le classement de Shanghai et à adopter tout un tas de normes et de labels pour prouver aux entreprises que nôtre connaissance est de label rouge, AOC ou bio.... malheureusement les critères de qualité sont loins d'êtres ceux d'un idéal universaliste où l'éducation est avant tout un moyen de faire de nous des êtres libres et conscient de leurs choix... Arrfff je reste bras ballants.
    J'ai bien peur qu'à force la démocratie, (si ce n'est pas déjà le cas), vienne à s'effriter à mesure que nos universités sont de plus en plus dépendantes,... peut on croire à ce que certains humains iront au delà de la chaire à paté qu'on nous donne à étudier et seront assez curieux pour se maintenir éveillé et réfléchir au Statue Quo actuel?

    Il fait gris dehors et il pleut, mais on peut toujours faire un peu de politique avec une tasse de café accoudé à son fauteuil!

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  2. Eh bien disons qu'au moins, en Angleterre, s'ils ne le font pas souvent, quand ils le font, c'est pas à moitié ! J'aime l'idée de tous se réunir dans UNE ville.

    En France nous sommes quand même bien plus disciplinés quand nous descendons dans la rue (exception faite de Lion, mais n'oublions pas que les troubles étaient majoritairement causés par des assoiffés de violence sans connaissance du-pourquoi-du-comment de la manifestation).

    Et du coup je trouve cette action des British de mercredi encore plus percutante les sachant plutôt dociles.

    J'aime beaucoup ton introduction (à propos du climat et le fait de ne pas parler ouvertement politique).

    J'aime aussi la nouvelle fréquence de parution de tes articles !

    ZibouX.

    Collègue Papillonne.

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