30 mai, 2010

in a country far, far away from Howgarts - ou critique du modèle éducatif anglais

Ce post ne constitue pas un plaidoyer contre l'école dans laquelle j'exerce quelques unes de mes qualités d'autochtone française, mais une tentative d'ébauche du système éducatif anglais et plus particulièrement des comprehensive schools. Pour des raisons de confidentialité et pour donner un caractère généraliste à mon article, je ne nommerai pas mon école. 
J'ai été affectée en octobre dans une école, X(nom du village)+ Community College, une comprehensive school spécialisée dans les sciences. Selon mes amis anglais, l'appellation "community college", fréquente en Angleterre, est indicatrice de la médiocrité de l'établissement. Vous n'êtes sûrement pas sans savoir que l'Angleterre est un pays où la palette de classes sociales est très étendue; la crème de la "posh-itude" envoie inévitablement leur progéniture dans les "public schools", autrement dit des écoles privées au coût exorbitant et où un service religieux est assuré (et pas seulement des cours de RE= religious education). Pour le reste de la population, il s'agit soit de trouver une école dans les environs qui a une bonne réputation et qui correspond à la spécialisation du petit chérubin, soit de l'envoyer à l'école la plus proche. C'est comme ça que mon école perd ses meilleurs élèves en langues lorsqu'il faut se spécialiser en year 12 (équivalent de la première en France). On ne reprochera pas aux élèves d'être ambitieux!
Oubliez la vision de jeunes britons tout de noir vétus, classieux dans leur uniforme, cravate bien nouée, petit blazer et chemise bien repassée. L'uniforme est en polyester, la cravate est très souvent dé-serrée, la chemise est froissée et sale (comprendre que l'odeur qui en émane est révélatrice de la date du dernier lavage); et ce, malgré les réprimandes des professeurs à chaque fois que les élèves arrivent en classe. Évidemment l'uniforme bien porté est une marque de respect et signe d'une volonté de travail mais on n'en voudra pas à des enfants de 10 ans de vouloir se débarrasser d'une cravate aux couleurs ternes et au confort plus que douteux. Leur capacité à affronter le froid avec pareil uniforme reste un mystère non résolu; mais on devine sous leur pantalon collants et chaussettes montantes (ce qui n'explique pourtant pas la nudité en haut: simple petit lainage alors que nous portons des grosses polaires).
Oubliez l'immense réfectoire de Christ Church College où a été tourné les scènes d'Harry Potter; ici chaque bâtiment a sa cantine. Celle du bâtiment de langues est reservée au year 10 and 11 (équivalent de troisieme et seconde). Au menu: pâtes, jacket potatoes au thon, cheese on toast, croque monsieur d'haricots à la tomate, sandwich, pizza, muffins (Cherchez les 5 fruits et légumes!). Une politique a été mise en place pour rendre les cantines britonnes plus saines et Jamie Oliver (cuisinier, équivalent de notre Cyril Lignac) a essayé de contrôler ce processus en tournant une série télé pour faire comprendre aux britons à quel point la bouffe dans les cantines étaient repoussantes. Notez que dans le Yorkshire, le programme de Jamie Oliver n'a pas trop pris. J'en veux pour preuve cet article de la BBC! Apparemment mon école a échappé à ces deux programmes. La survivante de la mal-bouffe! Le hic, c'est que pour beaucoup d'enfant le déjeuner constitue leur seul véritable repas de la journée. Ils rentreront à 3H chez eux et passeront le reste de la journée à ouvrir le frigo et les placards à la recherche de victuailles. Les élèves ne peuvent pas sortir de l'enceinte de l'établissement pour manger dans les fish and chips et autres petits take aways qui bordent la route; aussi une contrebande a été installée par certains élèves qui vendent essentiellement des barres chocolatées, meilleures que celles de la cantine. Normalement ces élèves sont passibles de détention. Mais on ne peut pas en vouloir aux élèves de chercher à mieux se nourrir et à développer un esprit entrepreneur!
En Angleterre, lorsqu'un professeur est absent, les élèves ne vont pas en permanence. Les classes sont quand même assurées par des "cover teachers" qui ne sont pas forcément prof dans la matière. Ces profs ont beaucoup de mal à se faire entendre et il est difficile d'enseigner une matière dans laquelle on connait peu ou prou. Autrement dit les élèves n'apprennent rien les jours où (par chance! c'est comme ça que je le voyais à l'époque en France) le prof est absent. Parfois l'absence se prolonge, et la cover teacher continue à ne rien faire apprendre aux élèves.
Autre observation majeure: il n'y a pas de surveillants. Ce sont les professeurs qui sont chargés pendant les récrés et à l'heure du repas de vérifier que personne ne sorte de l'établissement et que les élèves ne crient pas dans les couloirs et ne s'y éternisent pas. Certes on embauche du fait moins de personnel mais associer surveillance et professorat n'est pas forcément judicieux. D'autant que les professeurs en Angleterre ont une charge administrative bien plus importante qu'en France. J'irai même jusqu'à dire que le travail d'un professeur en Angleterre est d'abord de nature administrative.

Je clôture ici mon premier volet sur l'enseignement dans une comprehensive school de peur de vous ennuyer avec des critiques qui sont peut être injustes puisqu'elles se basent essentiellement sur mon community college. Cela dit, je prolonge mon travail jusqu'en juillet en tant, cette fois, que professeur non diplomée; preuve indubitable que j'apprécie mon travail. Et je réitère l'assistanat l'année prochaine dans le même établissement en toute connaissance des points faibles de l'établissement. C'est l'experience humaine qui compte....*smirk*

29 mai, 2010

pampers time!

Jeudi j'ai été invitée par la chef du département des langues à ma première Baby Shower, concept inconnu au bataillon. Seule Valérie connaissait cet événement - preuve indubitable que regarder des séries américaines cultive tout autant que lire des livres :) . La baby shower est donc une fête américaine (Bless them!) organisée pour la future maman par ses amies. Traditionnellement seules les femmes peuvent y assister et le terme "shower" vient du fait que la maman est couverte de cadeaux; en anglais "showered with gifts". Des jeux sont organisés, et les convives se régalent des gâteaux concoctées par les housewives. Jeudi, il y avait presque toutes les profs de langues (car il n'y a que des femmes dans le département); le mari de Sally avait pris le soin de quitter les lieux pour respecter la tradition. Chacun avait ramené des petits plats pour garnir le buffet. La future maman a reçu plein de cadeaux pour le bébé (peluche, tapis de jeux, habits) et pour ne pas déroger à la règle, les anciennes lui avaient préparé des jeux: mélange de compotées de bébé aux odeurs mystère qu'il s'agissait de définir; couche-caca: des barres de chocolat avait été placées dans les couches et fondues, il fallait reconnaître à l'aspect et à l'odeur quelle barre se cachait derrière cette apparence poo-esque! Les gâteaux furent grignotés accompagnés de verre de vin et autres soft drinks... étrange soirée anglaise où aucune tasse de thé ne fut offerte par l'hôte. hum, c'est mon besoin de théine frustré qui m'oblige à mentionner ce détail infime. Cela dit, une tasse de thé c'est le moins que l'on attend de la part d'une anglaise...non? Après une soirée où la discussion tourna autour des bébés, de l'accouchement, de la vie post-accouchement, je suis retournée chez Claire toujours autant convaincue que la meilleure option c'était encore de ne pas avoir d'enfant - à part peut être pour les Baby Showers; mais je pourrais toujours assister à celles de mes amies. Car j'importerais la tradition en France ou ailleurs!