18 février, 2010

welcome to the paddies' épisode II


Un Dimanche en Irlande du Nord - impossible d'atteindre la chaussée des géants en Bus,  un seul bus le matin, un seul bus le soir; aussi nous décidons de prendre le premier bus venu. Voilà comment nous avons atterris à Portaferry ou Port an Pheire en gaélic qui signifie "landing place of the ferry". Pour atteindre cette ville portuaire, il faut braver la conduite-montagnes-russes du chauffeur de bus, décuplée par le relief du pays en s'accrochant au moindre virage. Les sensations dans le bas-ventre en valent la chandelle et le charme de la ville désertée à cette période de l'année également. Ballade champêtre, ricochets dans l'eau, trapèze à risque, collation et boisson offert par la tenante d'un pub - Un Dimanche en Irlande du Nord.
La découverte de l'Irlande se poursuit à Dublin: avant même la guinness house (que je n'ai pas visité!!!), nous décidons de visiter 'Kilmainham Gaol', la prison construite au 18e siècle à présent transformée en musée. Oui, nous sommes de jeunes gens heureux de vivre, on chante la vie, on danse la vie...on va en prison! Plus sérieusement Kilmainham Gaol permet de comprendre une large partie de l'histoire Irlandaise et a vu enfermé sous ses murs des personnages de renoms dont les initiateurs des pâques sanglantes et l'ancien premier ministre de Valera. Se voulant moderne, la prison fut construite conformément au modèle du Panopticon (pan= all/ opticon=observe). Si bien que chaque détenu détient sa cellule et le maton peut quel que soit sa position garder un oeil sur tous les prisonniers. Malgré la modernité apparente de la prison à l'époque, les conditions de vie étaient très dures et si vous visitez la prison prenez un lainage car le froid et l'humidité sont redoutables! Je pourrai continuer à relater les faits historiques et sociologiques de Kilmainham Gaol, mais pour ne point vous gacher le plaisir, je vous encourage juste à y faire un tour. Si vous êtes étudiant vous devrez débourser la modique somme de 2euros. Le guide a omis (faute de temps?) de nous préciser que dans la cellule de Grace Gifford Plunkett se trouve une madone ("la verge Marie" - lapsus malvenu) dessinée par la veuve. Grace et Joseph -célèbre écrivain et politique, leader du soulèvement de 1916 - ont été mariés en Prison. Quelques heures plus tard, Joseph fut exécuté. Je connaissais l'existence de la madone aussi ai-je pris ma dernière photo du séjour , ma baterie ayant rendue l'âme par la suite! Gwen m'a ensuite emmené dans son pub préféré où les assiettes dépasseraient presque les dimensions de la table. Petite visite de Dublin et recherche de guacamole pour les fajitas du soir! Le lendemain, jour de mon anniversaire, je suis partie me promener dans Dublin, sur les pas de Glen Hansard et Marketa Irglova. Grâce à Adam, j'ai passé une heure dans un bookshop qui vend les premiers éditions de livres que je ne serai probablement jamais en mesure de m'offrir (800 euros au bas mot!), Temple Bar, les musiciens et les portes colorées, Dublin est une petite capitale mais chaque recoin cache une jolie trouvaille. Mon aprem s'achève par l'exposition de Yeats à la bibliothèque. Pour ceux qui auront suivi Yeats est l'auteur de Cathleen ni Houlihan, pièce sur laquelle j'ai écrit un article et que je recommande vivement. En revenant Gwen m'avait acheté un gâteau que nous avons mangé goulûment avant de sortir. Et même si un boulet c'est greffé à nous dans le pub, la soirée fut agréable: 21 ans à Temple Bar, musiques irlandaises en hommage! Twister géant pour essayer d'établir un record mondial, Dublin est ensoleillé, les gens sont agréables..."les irlandais c'est un peu des ch'tis anglais"; pas étonnant que Gwen y soit si bien. 
Dimanche en Irlande du Nord, mon anniversaire à Temple Bar, mon Break de février en Irlande avec Gwen, demain je repars et vendredi je suis à Londres avec Thomas. 

15 février, 2010

Welcome to the paddies'

Quand on est assistante, on a les vacances scolaires pour se reposer. Quand on est assistante, on veut voyager, de facto on oublie le repos. Quand on fait un master d'études irlandaises et que paradoxalement on vit chez les britons, on profite des vacances pour visiter les paddies! D'autant que Mr Jack y fait son année erasmus in Old Dublin, à UCD - université de James Joyce. On eût pu avoir meilleur guide! Gwenou est immergée dans la culture irlandaise jusqu'au Eddie rockets! Non contente d'y vivre et étudier, elle fait également un master d'études irlandaises, pense Irlandais, écoute de la musique irlandaise, et mange irlandais! L'Irlande est une zone protégée à pénétrer avec précaution lorsque le Gwenou nous accompagne. La critique doit être justifiée et modérée, point trop n'en faut du côté émerveillement, même si vos yeux pétillants de découvrir ce territoire trahiront sûrement vos pensées.
Depuis Leeds, se rendre à Dublin est l'affaire d'un magazine girlie! 40 minutes de vol, à peine le temps de s'asseoir de feuilleter la bête, et voilà que les oreilles bourdonnent avant que les roues n'heurtent le sol. L'aéroport de Leeds est minuscule, pas besoin de prendre d'avance, et si pour une fois vous avez décidé de miser sur la prudence il y aura toujours quelqu'un pour boire un thé autour d'une conversation (or the other way around). Ainsi ai-je rencontrer Julio, italien, 27 ans, qui a étudié les villages d'Egypte dans le cadre de son master d'études politiques et qui est venu s'expatrier à Galway pour apprendre l'anglais. Tout ça pour dire que le temps d'une attente fut comblé par des propos enrichissants sur le monde arabe et israelien, et un léger sourire qui flotte sur les lèvres à l'idée que des gens intéressants - finalement - il y en a partout! Dublin se résumera au trajet de la navette nocturne vers UCD, et le bus du lendemain qui nous mènera - Gwenou et ses deux compères - à la station de bus pour notre première étape: BELFAST!
Même territoire mais autre gouvernement, autre histoire, autre ambiance...
Dès la sortie de la station de bus, et pour faire honneur au pays dans lequel nous nous trouvons, nous allons au CROWN - le plus vieux pub de Belfast. Là nous profitons d'une pinte dans des boxes intimistes qui nous séparent du reste du pub et où les plus aventuriers se sont sûrement adonnés à des activités coquines. La guiness a beau nourrir, la faim nous tiraille, le Fish and chips à la devanture peu engageante nous fait signe de l'autre côté de la route. Les énormes frites ont presque un goût de trop peu après ces pintes! L'auberge de jeunesse est tenue par un groupe de hippies de 25 à 60 ans aux fripes trouées. très gentils cela dit, une pointe d'humour pour le plus vieux. La douche est...rudimentaire et nous avons tous oublié nos serviettes, sauf le Gwenou; ce qui rend la tache encore plus délicate. Après une autre pinte dans un nouveau pub, nous voilé couchés pour nous préparer à la journée qui nous attend!
Belfast rayonne, le soleil matinal annonce une journée haute en couleur. Après un petit déjeuner impromptu devant le Spar, nous allons dans le centre pour trouver un 'Black Cab': un taxi (deux heures pour 10£ par personne c'est honnête) avec à bord un brave chauffeur irlandais qui connait sa ville, son histoire et ses souffrances (à la ville) sur le bout des doigts. Il nous montre la Belfast divisée, commentant sur les endroits devant lesquels nous passons et en s'arrêtant occasionnellement. Certains chauffeurs ne font visiter que le côté protestant, mais la plupart vous baladeront des deux côtés. En écoutant le chauffeur raconter l'histoire de Belfast et commenter les façades, vous pourrez peut-être saisir son appartenance religieuse, certains touristes osent même demander si le chauffeur a subi des pertes durant le conflit. Le notre nous avouera de lui-même qu'il fut chanceux. Le conflit catholique-protestant est encore récent dans les mémoires et pas encore totalement apaisé aussi faut-il prendre des pincettes en posant les questions. Notre chauffeur nous racontera une des nombreuses légendes autour de "the red hand of Ulster"
dont on peut voir une représentation sur un des mur côté protestant: Le royaume d'Ulster n'ayant pas d'héritier organisa une course de bateau afin que le premier à poser sa main sur le sol du royaume soit Roi et donne ainsi son nom au Royaume. Un des compétiteur mû par son amour pour le royaume et voyant sa défaite proche, se coupa la main et la lança sur le rivage. Ainsi la main ensanglantée du compétiteur fut la première a touché le sol et fit de l'heureux manchot le roi du Royaume d'Ulster. Le petit texte à côté de la peinture murale rappelle que "there are many legends telling the story of the Red Hand of Ulster. This mural depicts only one of these". certains des murals sont amenés à disparaitre prochainement car jugés trop violents, comme celui ci:

D'un héro :
à un autre:
en fonction du côté on le se trouve, un long mur s'étend plein de grafitis où les touristes viennent laisser leur emprunte. Depuis 1969, à Belfast-ouest, une peace-line de 8 mètres de haut sépare le quartier républicain de Falls Road et le quartier loyaliste de Shankill Road.
C'est la plus célèbre des nombreuses clôtures de séparation que compte la ville. Aujourd'hui, malgré l'arrêt des violences, la zone est toujours partiellement ouverte et soumise à un couvre-feu. Comme le rappelle le mur, il n'y a pas que le mur de Berlin, il y a un mur à Belfast, en Israel, en Palestine, à Baghdad, à Nicosie. Le chauffeur nous explique que de chaque côté les enfants s'entendent jouer mais ne peuvent pas mêler leur cris, le mur les sépare. Et face à un mur comme celui-ci, on se rappelle que si le mur de Berlin est tombé depuis 20 ans, d'autres sont encore bien présents pour les communautés qu'ils divisent. 
Après cette visite riche en explications, nous nous sommes ravitaillés au marché St George dont nous avions vu une affiche à l'auberge. Sortez vos papilles! Cuisine d'ici et d'ailleurs offre aux badauds la possibilité de prendre 5 kilos en un repas, les yeux salivent, les bouches mastiquent et les oreilles s'extasient au son d'un groupe qui s'attelle à "Wish you were here". 
Après quoi un ballade le long de la rivière s'impose; "Oh un poisson" - Big Fish remastérisé:

Notre après-midi atteint son apogée lorsque désireux de regarder le match de rugby France-Irlande, nous sommes témoin de la victoire écrasante de la France dans un pub où les langues se délient sous les pintes de bière et les hurlements des supporters face au jeu de qualité des français. Pa chauvine pour deux sous, je n'y connais rien au rugby! Je n'ai pas mentionné l'épisode couchsurfing, il est donc difficile de comprendre l'épisode Ronan, mais suivez-nous donc dans une soirée chez des gens de Belfast qui nous invitent à manger (on avait déjà pris notre dîner) et à partager quelques verres. Quelques passants que l'on avait désespérément chercher à renommer, une pancarte, et le vieux de l'auberge plus tard, voilà X qui arrive et nous entraine dans une maison chauffée à l'atmosphère bon enfant. Gwenou et moi avons gourmandement picorer dans l'assiette de nos convives avant d'avoir une assiette complète du plat cuisiné par Ronan pour nous. Belfast est décidément une ville à découvrir...ses habitants avec!


ps: en cliquant sur le titre il y a une chanson, et en cliquant sur les photos vous pouvez les voir en plus grand si tout va bien!

14 février, 2010

Meet me... in Montauk...

Valentine's day in Belfast and Port an Pheire . avec Mister Jack alias Gwen et ses potes. Today is no longer a holiday invented by greeting card companies to make people feel like crap. La saint valentin n'a aucun sens en Irlande à coté de la saint patrick! Valentin vs Patrick 0-1!!!
En Angleterre, c'est différent: célibataire ou en couple la saint Valentin est une occasion de plus pour faire la fête et accessoirement être "hammered" ou "smashed" or "fucked" (sans vilain jeu de mot), malgré les variations dans la synonymie le résultat est le même: gueule de bois au petit matin, et un souvenir nébuleux de la veille; ce qui n'est peut être pas plus mal. Valentin Le fourbe s'efface naturellement de notre mémoire aussi facilement qu'il était venu nous tirailler quelques jours auparavant. Les questions fusaient "Que fais tu pour la Saint valentin?" et les décorations et les blagues: "ah dommage que tu sois pas là, il y a un speed dating!". En Angleterre il ne faut pas se vexer, ni en faire une montagne: la saint valentin, c'est le binge drinking sur fond de petits coeurs pour donner une touche un tantinet romantique à une tradition des plus dionysiaque.

un petit article pour faire part de cette fête qui a une toute autre signification chez moi: l'arrivée imminente d'un petit louison 21 ans plus tôt!