16 janvier, 2010

aparté temporel

Dans un pub à Oxford, on m'a demandé de raconter les vies antérieures des personnes présentes - tâche à laquelle je me suis tout de suite attelée avec ardeur. Evidemment on ne peut comprendre notre vie actuelle qu'à la lumière de notre vie antérieure et il convient de commencer par la souveraine, celle qui réunit tout ce petit monde, celle sans qui cette histoire n'aurait aucun sens: moi *modeste ovation de mes sujets*
Pardonnez mes omissions, je laisse le soin à la propriétaire du carnet de les révéler au grand jour, mon cerveau parfois si prompt reste hélàs dépendant de facteurs externes tel que le froid qui sévit ici, et la fatigue des longues soirées à élaborer des articles universitaires.
Sans plus de préambule, je vous conte donc nos tribulations passées. Il va sans dire que mon sexe masculin m'a donné accès à une forme de pouvoir qui au 17 et 18° siècle était très peu conféré aux gentes dames. J'appartenais en outre à une famille riche, voire princière, voire royale - ce qui fait sens puisque je ne mange pas de pommes de terre qui était une nourriture réservait aux gueux - une famille donc qui possédait beaucoup de terres en Perfide Albion (d'où mon attrait actuel pour ce pays et cette culture atypique). De ma vie, on ne sait que très peu de chose, personnage mystérieux et décrit comme tyrannique, je parcourais les contrées en quête d'un Graal indéfini. Ma mort cependant a laissé plus de trace puisque l'on m'a guillotiné, ce à quoi je dois mes maux de gorge fréquents et mon nom: Louise (Dois-je vous rappeler que la guillotine est aussi appelée louisette?). Sur mes terres, éparpillées au quatre coins des contrées visitées, vivaient un beau petit monde que j'ai plaisir à voir évoluer encore à présent.
Boubi résidait en Irlande (là encore on comprend son goût prononcé pour l'Eire et la bière) mais alors qu'elle ne mange pas des pommes de terre aujourd'hui, elle était sans le sous. Si elle ne mange pas de pommes de terre aujourd'hui c'est précisément parce que vivant en Irlande au 19°, elle a souffert de la grande famine et lasse de toutes les patates avalées à cette période, elle a développé un dégoût non feint. La vie du Boubi est assez caractéristique des irlandais démunis: vivant de la terre, elle allait se désaltérait le soir au bar, où on lui faisait crédit. Mais la dette en bière ne cessant de croître, le propriétaire l'a traîné en justice. Illettré et sans le sous, le Boubi fut envoyé de ce pas au cachot où il a finit attaché par les poignets (ce qui tient parfaitement la route puisqu'elle suffoque chaque fois qu'on les lui empoigne). Marine a eu une vie tout aussi agitée. Son pays initial était l'Angleterre (sa passion) mais fervente catholique et amoureuse d'un prêtre tué par les envoyés d'Elisabeth 1er, Marine se réfugia en Italie. Elle vécut suffisamment longtemps pour observer la destruction des catholiques en Angleterre et pour developer une aversion contre la religion (qu'elle ne peut toujours pas souffrir). Cette foi ancienne se retrouve à présent dans la compassion et l'amour pour autrui qu'elle cultive. Quelque part au milieu des contrées un petit notaire réincarné en Lixou recueillait les testaments des riches comme des pauvres (ne sous estimons pas les fortunes cachées sous les bottes de foin ou les matelas!), d'où cette admirable maîtrise de tous les jargons. Malheureusement, notre petit notaire a perdu ses deux enfants, l'un en couche tandis que l'autre fut emporté par la syphilis. Cette perte reste présente dans son esprit car son affection pour les enfants ne masque pas moins le souhait de ne pas en avoir dans son nouveau foyer. Ce beau petit monde a quand même au tableau un homme: thomas. Sa vie reste floue, car il aimait toucher à tout, autodidacte, certains diront qu'il touchait à tout car n'avait aucune passion dominante, d'autres argumenteront qu'il touchait à tout car avide de savoir et réussissait dans tout ce qu'il entreprenait. Je vous laisse à même de juger, même si je penche pour la seconde option. Représentez vous un kant en robe de chambre face à des produits chimiques en ébullition, des formules de maths jonchant son plan de travail est le tableau sera complet.

à l'heure actuelle, mes terres sont en jachère et mon travail universitaire m'accapare à regret mon temps disponible. Je vous donnerai donc de mes nouvelles le mois prochain. L'épaisse couverture blanche fond et laisse place à des plaque de verglas perfides, j'ai voulu céder à la mode wallies, mais elles font résistance: impossible d'en trouver dans les magasins! sauf des vertes jardins...mais on est en Angleterre, quitte à porter des wallis, portons en des oranges à pois verts! J'espère prochainement pouvoir vous envoyer une photo de ce look affriolant!

4 commentaires:

  1. Ouais, ça tient la route!

    RépondreSupprimer
  2. Tout à fait Boubi, et puis ça explique tellement de choses, je vois ma vie sous un autre angle.
    Loooouisetteuh tu perdras la têteuuuh!

    Ps: Non Louise ne cède pas à la mode des bottes en caoutchouc! J'ai vu un kéké se balader le jogging fourré dans les bottes et je suis traumatisée. On dépasse largement mon niveau de tolérance pour l'association jogging-chaussettes.

    RépondreSupprimer
  3. absolument génialissime cet article !
    cette soirée était unique, dans un cadre particulier, j'men souviendrai longtemps ^^

    j'ai farfouillé dans le carnet en tant que propriétaire du le-dit carnet, et il me semble que rien n'a été oublié !

    et en plus tu le racontes bcp mieux que moi car tu sais manier avec brio le vocabulaire disons médiéval ! huhu

    hi hi ici ils disent "wellies" ! j'attends vite la photo, moi j'en voulais aussi mais trop chères...j'aurais bien pris les vertes jardins ! avec des escargots et des arrosoirs dessinés dessus !

    X

    RépondreSupprimer
  4. Menteuse ! Tu manges es pommes de terre ! Et les jacket potatoes alors ?!

    Papillonne !

    RépondreSupprimer